Entracte 1 : Sortie de l’enfer, je prends une coupe et commence à entendre du finnois ici et là. Cette sensation irréelle que tous les deux passants ou presque que je croise au foyer discutent discrètement en ma chère et rare langue maternelle. Messieurs portant des chemises Jokapoika sous leurs vestes. Ok. Rapides ces bulles, diaboliques les pirouettes tout à l’heure ! Un peu avant que commence la cacophonie de la sonnerie de fin d’entracte, je m’assieds sur un de ces bancs de velours, et encore, ce couple âgé assis à côté parle bel et bien le finnois. J’interviens et leur prononce quelques mots du spectacle et de la danseuse finlandaise qui nous avait amenés dans cette spirale infernale du 1er acte. Eux me parlent de Thomas Adès. Tout un groupe est venu pour un voyage organisé par le magazine Rondo, (les connaisseurs de la musique classique connaissent), ils m’expliquent. Demain un opéra, après-demain un concert, voilà le programme.
Ceci explique cela. Acte 2 : le purgatoire.
Au deuxième entracte, je ne ressens plus de besoin d’aller saluer les compatriotes, ils et elles sont en effet très nombreux cet après-midi. J’enlève mon foulard Marimekko pour plus d’anonymat.
Acte 3 : Poema Sacro, allez c’est ce que je préfère. Une virée vers plus d’abstraction et encore plus de rotations dans tous les sens et non-stop. Paul Marque alias Dante écarte ses bras, ses bras d’une sincérité, sa danse d’une fluidité que j’ai tant admirés tout au long du chemin. Une dernière image épurée et grandiose.
Je rejoins Paris Gare de Lyon, départ imminent dans le Hall 3. (Je savais même pas que Hall 3 existait.)